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Discours du président

OBJET : Congrès Fédéral 2016


Réflexions d’un vieux président

Monsieur le Président,
 
Chaque Congrès Fédéral permet – ou invite – les présidents du réseau à présenter toute suggestion ou toute question qu’il désirerait soulever et discuter en commun lors de ces 2 journées.
Pour ma part, il ne s’agit pas d’une question écrite, mais plutôt d’une réflexion personnelle et qui pourrait éventuellement être partagée, si cela n’est déjà fait.
Pour avoir participé tout au long de l’année 2015 à l’élaboration ‘schéma départemental 06’ et au ‘contrat de performance’ mis en œuvre par les services ex-ASE, nous n’avons de cesse de préciser notre légitimité.
Cf : Art. 224-11 du CASF.
 
Nous nous efforçons de travailler, dès l’âge de 16 ans, à l’insertion des jeunes pris en charge par la protection de l’Enfant ; des contacts, des visites, des accueils sont réalisés afin que – lorsque la date fatidique des 18 ou 21 ans sonne au clocher du village – ils ne basculent pas dans l’errance, la délinquance ou autres situations précaires et dangereuses.
 
Pour autant, faudrait-il encore que nous soyons considérés comme partenaire privilégié du service de la Protection de l’Enfant, et que notre parole soit d’avantage prise en compte…
J’en arrive à me demander si je ne sais plus me faire comprendre ou si je m’exprime mal… si mon discours est si inaudible ou encore si j’ai à faire à des personnes en perte auditive !...
La plupart des publics que nous recevons est dans une situation de détresse totale, après avoir bénéficié des dispositifs de Droits Communs, et nous est adressé en désespoir de cause…
 
Effectivement - c’est notre cœur de métier – nous demandons à prendre toute notre place dans les dispositifs existants. Nous réclamons – et on nous l’a promis ! – d’être destinataire de la liste des Jeunes Majeurs, afin de pouvoir prendre attache auprès d’eux et de les soutenir et les accompagner en cas de nécessité… peut-être pourrons-nous alors minorer ce chaos annoncé…
 

Nous sommes prêts à partager nos compétences, nos témoignages, ceux des jeunes que nous recevons, pour une meilleure efficience des dispositifs.
 
Nous aimerions que les 100 experts les plus compétents – fondateurs de la Loi de mars 2007 – nous expliquent pourquoi, 10 ans plus tard, nous travaillons encore :
  • Sur la perte de l’accompagnement
  • Les risques de consommation, délinquance, prostitution, errance, isolement, précarité – et maintenant radicalisation…
Où donc est passée l’ambition affichée pour tous ces gamins ?
Qu’avons-nous mis en œuvre pour éviter tout cela depuis 2007 ??
 
Avons-nous mis suffisamment d’empathie ? Ou su mobiliser toutes les bonnes volontés, afin qu’ils puissent réussir le mieux possible ???
Je ne peux comprendre – et encore moins accepter – que, malgré tous les efforts consentis et associés, il y ait, encore aujourd’hui, autant de situations complexes…
Oui, nous travaillons avec l’humain et pour l’humain, mais devons-nous toujours accepter que nos gamins soient, trop souvent encore, cabossés et fracturés de l’intérieur ?
Voici, Monsieur le Président, les réflexions d’un vieux président, qui me rappellent celles de notre ami, Michel BEROUARD, qui – lors d’un congrès – nous affirmait qu’en 50 ans, la Protection de l’Enfant n’avait pas évoluée tant que ça…
 
Bien à vous,
Amicalement,
 
Julien DALLO-BELESSA